L’IFS, un art de vivre au quotidien
L'intention de cet article n'est pas de parler des événements bouleversants que nous traversons et qui nous submergent, nous font perdre pied. L'intention est de voir comment l'IFS permet, au quotidien, de trouver plus de calme, de connexion, de joie.
On n'apprend pas à nager en pleine tempête
Il est plus facile et plus judicieux d'apprendre à nager en eau calme. Les moments paisibles de notre vie sont de parfaites occasions de pratiquer l'accueil. Certaines voies spirituelles parlent « d'avoir un oui d'avance ». On pourrait dire ici : « avoir un accueil d'avance ». Il est plus simple de dire oui et d'accueillir un événement relativement peu activant qu'un événement a priori inacceptable. Alors, entraînons-nous à accueillir ce qui est acceptable !
Comme tout entraînement, cela demande un peu de persévérance. Cela demande d'accepter de prendre un peu de temps chaque jour pour écouter ce qui se passe à l'intérieur de nous, pour oser voir ce qui nous a blessés, agacés, activés. Mais aussi pour écouter ce qui nous a touchés, enthousiasmés, rendus fiers, satisfaits, joyeux. Cela demande donc de prendre un petit temps d'introspection.
L'IFS ou l'art de l'accueil
La journée se termine. On ressent un léger malaise, une fatigue diffuse. Rien de bien grave et pourtant, on sent que l'on pourrait avoir plus d'énergie, que l'on pourrait être moins tendu, moins irritable. On peut alors se servir un petit verre, se regarder une petite série. On peut aussi s'arrêter, prendre un peu de temps pour écouter ce qui se passe comme on pourrait le faire avec un enfant qui aurait juste besoin de nous raconter sa journée.
On pourrait alors entendre cette petite voix qui s'est sentie rejetée quand, lors d'une réunion de travail, les collègues n'ont pas écouté ce qu'elle avait à dire. On pourrait aussi entendre cette autre petite voix qui s'est sentie inintéressante lorsque les élèves ont quitté la salle de classe sans dire au revoir, sans rien retenir. Ou bien encore cette petite voix qui s'est sentie transparente quand ses amies ont oublié de la prévenir qu'elles faisaient une sortie entre copines.
Les exemples ne manquent pas. On peut tous trouver les siens. Plutôt que de faire avec, d'encaisser, de mettre de côté, on peut entendre. Entendre et valider : Oui, cette parole a fait mal. Oui, cette réflexion a blessé. Oui, cet oubli a humilié. On peut prendre un peu de temps avec chacune de ces parts : je t'entends ; je suis là. Oui, il y a en nous cet espace pour entendre et accueillir.
Accueillir et écouter toutes ces petites blessures du quotidien depuis l'espace du Self
Cette pratique quotidienne permet d'éviter que trop de tensions, de frustrations, de petites blessures s'accumulent. Elle permet à nos parts de ne pas se sentir abandonnées, livrées à elles-mêmes. Elles savent que nous sommes là pour elles parce qu'elles peuvent expérimenter le pouvoir de l'accueil. C'est concret, incarné, vivant.
Cette pratique demande d'être attentif à tous ces petits signes, ces petits symptômes, ces mini alertes. Non, ce n'est pas rien cette petite fatigue, cette petite tension, ce léger sentiment d'être transparent, ridicule, incompétent. On pourrait imaginer un fil que l'on suit : pour commencer, l'envie de se servir un petit verre. Puis vient l'agacement contre cet élève qui est passé devant nous sans nous saluer. On écoute ensuite ce qui se dit : « Tu es nulle, inintéressante. Les autres, eux, ont sont tellement plus intéressants. » On s'intéresse vraiment à ce qui est dit et on est curieux de savoir qui cette part si jugeante protège. A force de patience, elle nous révèle qu'elle protège une petite fille qui se sentait tellement seule dans la cour de récréation. On peut alors aller voir cette petite fille, lui faire sentir notre présence, l'inviter à nous révéler son histoire, nous parler de sa détresse. On pourra l'inviter à quitter cette cour d'école et à rejoindre un espace plus sécure. Ou bien elle pourra nous dire ce qui pourrait lui permettre de se sentir bien dans cette cour de récréation. On pourra ensuite l'inviter à se libérer du fardeau de la honte et à retrouver ses qualités originelles, telles que la spontanéité, la créativité, la joie. Au bout de ce fil, c'est cette petite fille qu'il y avait à rejoindre et quand elle est rejointe, en général, on n'a plus besoin de ce petit verre !
Plus de présence, plus de confiance
Ce dont nos parts ont besoin, c'est de sentir accueillie, de sentir cette connexion avec le Self. Le Self n'est pas un vain mot, un concept ; c'est une expérience concrète. Un parent qui passerait son temps à théoriser sur la bienveillance, l'empathie, le respect mais qui, chaque fois que son enfant aurait besoin de son écoute, se défilerait ne serait pas crédible aux yeux de cet enfant. C'est la même chose pour nos parts : pour que dans notre famille intérieure règne la confiance, il faut qu'elle soit expérimentée. Expérimentée le plus souvent possible.
Nager dans une eau paisible peut être une expérience très agréable. Accueillir nos parts, nos activations du quotidien peut aussi devenir une expérience très agréable. On peut apprendre à goûter quelques vaguelettes, quelques remous. On s'aperçoit qu'on y arrive, que cela peut même être doux. Et quand l'eau devient plus agitée, on ne perd pas totalement pied, on sait nager ; on n'oublie pas tout ce que l'on a appris. On sait que le Self est là, même s'il est plus difficile à rejoindre au cœur de la tempête. Mais il est là, on en a l'expérience. On a appris à nager. Avec patience, persévérance. C'est devenu une habitude, un art de vivre. Cela rend la vie plus fluide et plus joyeuse.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’IFS ou prendre rendez-vous, n’hésitez pas à me contacter.