La maïeusthésie ou l'accueil de soi dans une grande délicatesse
La maïeusthésie est un modèle psychothérapeutique fondé par Thierry Tournebise. Comme son nom l'indique (du grec aisthêsis qui signifie sensibilité et maïeutique qui signifie art de faire accoucher), la maïeusthésie met l'accent sur l'accouchement et la sensibilité. On pourrait parler de naissance à soi-même, de réhabilitation de tous les êtres que nous avons été.
La maïeusthésie ou la chaleureuse rencontre avec soi-même
Force est de constater que nous ne sommes pas vraiment entiers ou, pour être plus précis, que beaucoup des expériences que nous avons vécues, quand elles ont été trop douloureuses, n'ont pas pu être assimilées. La psyché va s'auto-cliver pour ne pas ressentir la violence de ce qui a été vécu. Et c'est heureux puisque ce phénomène est là pour assurer notre survie. Ces parts de nous qui portent trop de détresse sont gardées dans l'inconscient que Thierry Tournebise appelle « la garderie nousnous » : aucune part de nous ne disparaît ; elles sont juste en attente, en attente d'un moment plus favorable pour que nous puissions aller à leur rencontre.
Cette survie est coûteuse en énergie : il en faut beaucoup pour maintenir à l'écart les ressentis douloureux ; beaucoup pour nous en distraire, nous en éloigner ; beaucoup pour faire taire les êtres de nous ou les parts de nous qui appellent, qui se sentent seuls, honteux, effrayés, indignes d'êtres aimés... Il faut pour cela une solide armure, des distractions nombreuses. Jusqu'au jour où un symptôme apparaît. Un sentiment de vide, un épuisement, des douleurs physiques...
Le symptôme ou la boussole qui nous guide à l'endroit de la psyché où ça appelle
Le symptôme n'est donc pas vu comme un problème à régler, une manifestation à éliminer, mais comme un appel à un retour à la santé. Il est une manifestation de la pulsion de vie ; il est là pour nous inviter à réintégrer cet être de soi ou cette part de soi qui attendait dans « la garderie nousnous ». Il est spécialement là pour retrouver celui qu'on était, qui n'a pas été reconnu, entendu et qu'on a perdu, qui était comme mis en attente.
Pas de problème à régler, donc, mais bien des êtres à rencontrer, des parts de nous qui appellent, qui n'ont jamais pu être entendues, dont la souffrance, la détresse, n'ont jamais pu être reconnues. C'est ainsi que l'on pourra passer d'un état de survie, de lutte, à un état de paix, d'unification. Nous n'aurons plus à déployer une immense énergie à maintenir à distance ces parts de nous trop souffrantes. Cette énergie sera disponible non plus pour survivre mais pour vivre.
Le thérapeute va se mettre en proximité, au contact de ces êtres qui appellent et par un guidage non directif, il va aider celui qu'il accompagne à réhabiliter ces parts de lui, dont il a été si longtemps coupées.
Le symptôme pourra disparaître quand il cessera d'être nécessaire, quand les parts de nous aurons été réhabilitées.
La validation existentielle ou l'art de la reconnaissance
Durant une séance de maïeusthésie, on va tourner notre attention vers l'être qui appelle en se laissant guider par le symptôme (une immense fatigue, un mal-être diffus, l'impression de ne jamais réussir ce que l'on entreprend, de stagner, d'être coincé dans des schémas répétitifs...). On va offrir à cette part de nous une reconnaissance, une reconnaissance de ce qu'elle a vécu, des souffrances qu'elle porte et qui n'ont jamais été entendues. On lui reconnaît son vécu qui n'est plus nié ni minimisé. On se tourne vers cette part de nous et on lui montre qu'aujourd'hui, on prend la mesure de ce qu'elle a vécu.
Le thérapeute va inviter la personne qu'il accompagne à rejoindre la part de lui qui appelle :
Vous pouvez mettre votre attention sur celui ou celle qui... ?
Est-ce que vous pouvez tourner votre attention vers celui que vous étiez et qui ressent (cette insécurité) et lui dire que vous le comprenez ?
Vous pouvez lui dire combien vous voyez à quel point (elle avait à cœur de garder cet enfant) ?
Vous pouvez vous tourner vers lui et lui dire que vous prenez la mesure de son ressenti ?
Est-ce qu'il y a quelque chose qu'il aurait envie de vous dire ?
Vous pouvez mettre votre attention vers tous ceux qu'il a été et qui ont contenu sa colère ?
Vous voulez bien être près de lui quand il ressent cette tristesse qui sous-tend toute sa vie ?
Comment c'est pour lui quand vous lui reconnaissez sa souffrance ?
Ce sont quelques exemples de questions que le thérapeute peut poser afin d'aider celui qu'il accompagne à rejoindre la part de lui qui appelle.
Ce guidage peut nous conduire à des parts de nous, mais aussi nous conduire à rejoindre l'enfant qu'a été notre père, la jeune femme qu'a été notre mère, le bébé qu'a été notre grand-père... On va ainsi mettre notre attention vers celui ou ceux qui appellent et leur offrir cette reconnaissance existentielle qui va leur permettre de se sentir entendu et reconnu.
Une chaleureuse rencontre vers ce qui attend d'être réhabilité
Ce qui est identifié comme « problème psychologique » est finalement un chemin qui conduit vers ces parts de nous qui attendent d'être accueillies et aimées par nous-mêmes.
Le praticien accompagne la « venue au monde » de ces parts de soi, dont chaque symptôme prépare l'émergence. Et cette rencontre, pour être pleinement thérapeutique, s'accompagne d'une authentique réjouissance : le thérapeute se laisse toucher, il se réjouit de l'émergence de la part de soi chez la personne qu'il accompagne. Et cette réjouissance accompagne, sécurise, encourage celui qui chemine ; elle lui permet d'oser enfin laisser advenir cette part de lui en attente.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la maïeusthésie et l'IFS ou prendre rendez-vous, n’hésitez pas à me contacter.